LE POUVOIR DE L'ENGAGEMENT

Apocalypse 3 : " 16Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. 17Parce que tu dis: Je suis riche, je me suis enrichi, et je n'ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu,…"


J'avais 19 ou 20 ans sur la photo en couverture de cette brochure.

Depuis, mes convictions politiques ont évolué. Je ne dirais pas qu'elles se sont nuancées, je dirais plutôt qu'elles ne s'adaptent plus à une case, une idéologie, un étendard. J'étais jeune et je pleurais en lisant les témoignages des victimes de tout genre d'impérialisme. J'ai servi les personnes sans-papiers iraniennes qui faisaient la grève de la faim au sein de mon université. J'ai passé une nuit en prison accusée de trouble de l'ordre public lors d'une manifestation contre la guerre en Irak. J'ai quitté la tablée familiale à Noël pour la froideur de la nuit glaciale lorsqu'on a osé défendre les bienfaits de la colonisation. Des personnes spirituelles me disaient trop emportée, trop émotive, trop "identifiée" avec le monde et ce qui s'y passe. Trop violente pour certains. Et pourtant...c'est leur indifférence que je trouvais mortifère et qui venait nourrir ma révolte.


Je réalise aujourd'hui que cette révolte, cet engagement concernait toujours l'inhumanité pratiquée envers UN Autre. Je suppose que je me suis toujours sentie reliée et connectée à cette altérité.

Ce n'est donc pas parce qu'on n'est pas directement concerné par la barbarie que l'on n'en est pas l'objet.

Si parce que dans cette vie - où dans une autre- tu as fait un choix qui te protège MAINTENANT, n'oublie pas que demain cela peut être toi. N'oublie pas qu'en regardant l'autre se faire bannir, exclure, perdre autorité sur son corps et sa dignité, tu perds, toi aussi, une parcelle d'intégrité.


Aujourd'hui, c'est moi. Et mon frère sans-abri encore plus que moi. Et mon enfant peut-être encore davantage.


Lève-toi. Regarde ce qui se passe autour de toi. En toi.

Les choix que tu es amené.é à faire correspondent-ils à l'idéal humain qui coloraient tes dessins d'enfant?


Prends position. Redresse-toi. Peut-être que t'es arguments ne sont pas aussi bien ficelés que tes intuitions. Qu'importe-t-il ? Debout, dans ta verticalité, tu regardes au-delà de ce qu'on t'offre à voir. Les bras ouverts, dans ton horizontalité, tu inclus tes frères, et tes sœurs dans ta vision. C'est tout ce qui compte.


Alors oui, se relever, regarder droit devant, voir le massacre en face et au-delà, cela peut être douloureux. Ouvrir les mains et les bras et se détacher par la même occasion du confort des jugements, et des idées que l'on pensait avoir si savamment conçu, pour prendre l'autre avec soi...cela peut être douloureux et violent !

S'engager demande des renoncements, nous impose de faire des deuils et d'assumer des choix, d'avoir foi absolue en la valeur de notre souveraineté quelque soit l'issue.

Aujourd'hui (comme toujours) notre humanité nous réclame l'ardeur de l'engagement : " Depuis le temps de Jean-Baptiste jusqu’à présent, le royaume des cieux est forcé, et ce sont les violents qui s’en emparent". (Matt. 11:12)


Gisela



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