Les voies divines

À toi qui cherches une lumière dans la nuit.

Moi aussi, parfois, je cherche une lumière dans la nuit. Cela peut être parce que j'ai un désir brûlant qui ne trouve pas sa réalisation. Ou parce que j'ai le coeur brisé par un amour déçu. Ou encore parce que les fils refermant de vieilles blessures se sont reouverts. Tu as une horde de gens derrière leurs écrans - ou que tu as rencontré pendant un stage de deux jours - qui te disent pourquoi ton désir brûlant ne se concrétise pas, pourquoi tu rencontres encore des difficultés avec ton compte en banque ou pourquoi tu es si seul.e (et sur ce dernier point, cela peut être vraiment terrible). Je ne parle pas de ton ami.e qui n'hésite pas à se livrer dans son intimité et à incarner avec tous les pans de son existence, qui t'est familière, les croyances qu'il assène sur la vie. Non, je parle de ce "leader", ce "guide" ou cette personne auréolée de popularité qui, au fond, pourrait prononcer une ânerie et être accueilli par un "amen".

Je parle de celui ou celle qui te dit que si ce n'est pas fait avec joie c'est que cela ne vient pas du coeur et que, du coup, tu dois arrêter de le faire. Que du coup, ça n'a pas de valeur ou ça ne marchera pas. Je parle de celui, ou celle, qui dit que si tu ne te fais pas confiance, personne ne te fera confiance. Que si tu as vécu cette chose terrible c'est parce que tu l'as choisi.e. Que tu es seul.e parce qu'on ne reconnaît pas ta beauté et pourquoi ne reconnaît-on pas ta beauté ? Parce que toi-même tu te trouves hideux. Et ce qu'il y a de plus terrible dans cette affirmation ? La supposition que les personnes qui ne se trouvent pas belles in facto ne pourraient pas se comporter comme des belles personnes et pire encore, que celles qui reconnaissent leur propre beauté ne pourraient pas se tourner vers les moins belles ( je parle de beauté intérieure également). Cette personne qui dit que les ressources financières ne rentrent pas parce que tu es orientée vers le manque alors que tu élèves seule tes deux enfants et que tu vis avec le salaire minimum. Ceux qui disent que ton affaire ne marche pas parce que tu ne demandes pas à l'univers, ou parce que tu demandes trop fort.


Personnellement, j'ai réalisé depuis longtemps que la lumière n'émane pas des croyances, des théories, des constructions spirituelles qui ne sont, somme toute, que des productions sociales. Je ne me suis pas "éveillée" à la dimension spirituelle de l'existence en lisant des livres, en regardant des séries ou même en voyageant à la bohème. Je n'ai pas ouvert mes yeux sur la profondeur qui m'habite suite à une crise existencielle, une rupture, ou une maladie. Et, au fond, même si tu le penses je crois que toi non plus.

Cela vit en moi depuis toujours.

Et parce que cela vit en moi depuis toujours, je n'ai pas besoin d'une posture professorale (venant de qui que ce soit) pour me l'apprendre. Je suis cette vérité. Et cette vérité est si unique et si subtile qu'elle ne peut être réduite à de telles assomptions grotesques.

Tu es une vérité unique et subtile.


J'ai envie de partager avec toi un échange que j'ai eu dernièrement avec ma fille de 10 ans.

Connais-tu le projet-sens ? Il s'agit, en bref, de toutes les attentes, les espoirs et l'histoire que tes parents ont inventé pour toi au départ de ton existence. Il se fait qu'en ce qui me concerne j'ai été "chargée" d'un tel désir d'accomplissement que mon ouvrage n'est jamais terminé, ou assez bien. À certains moments de ma vie, je suis accablée par le sentiment profond de ne rien apporter à personne et, en gros, de "ne servir à rien". Il y a un peu plus d'un mois, du fait de certains changements que j'ai introduits dans ma vie, cette blessure s'est réouverte. Et cette fois-ci, ce fut le moment d'arrêter de la panser pour la voir, aussi ensanglantée qu'elle soit, en face. J'en suis tombée malade et pour la première fois de ma vie, je me suis autorisée à rester au lit pour pleurer ma peine. Lorsque je suis remontée de mes limbes, j'ai entrepris d'expliquer à mes enfants les raisons de ce retrait momentané. J'ai simplement expliqué que j'avais le sentiment parfois, de ne rien apporter à la famille. Que ma présence ne faisait aucune différence, et que les vêtements, la vaisselle, la poussière, la nourriture, au fond, quelqu'un.e d'autre pourrait très bien s'en occuper. Ma fille est intervenue en disant : "Mais..maman ! C'est du soin !"

Interloquée, je répète que quelqu'un.e d'autre pourrait très bien mener ces tâches. Et à elle d'ajouter : "Mais quand toi tu le fais, c'est de l'Amour".


Avec si peu de mots, ma fille a dit l'essentiel : la vérité unqiue et subtile que tu es, est de l'Amour. Et cette subtilité implique parfois de la brusquerie, le déplaisir à prendre soin d'autrui et pourtant...tu le fais ! Car peu importent les apparences, tu ne peux pas t'empêcher d'être de l'Amour !


Je ne crois pas que l'on puisse accompagner quelqu'un en partant de ses dogmes ou croyances personnelles. Par contre, j'ai l'intime conviction qu'en accompagnant quelqu'un à partir de son expérience, en l'incarnant et en la rayonnant, nous pouvons l'aider à pénétrer dans son chemin si unique et spécial.

Et cette vérité si unique et subtile suppose que dans ton existence, parfois, tu fais des choses sans joie et cela vient pourtant de l'amour. Parfois, tu les fais avec joie et ce n'est pas fait pour durer. D'autres fois, tu es habité.e par une douce confiance et parfois pas. Et quelques fois encore, c'est lorsque tu doutes le plus de toi que l'on vient à toi avec une demande incroyable. Il y a des évènements que l'on vit qui nous mettent à terre et dont on ne connaîtra jamais la raison, ni le sens. S'incliner et ouvrir les bras, cela peut être la foi. Et puis, parfois, tu fermeras les bras et ton coeur se durcit et même si on te dit "qu'il faut ouvrir son coeur", sache que le coeur a ses raisons. Dans ta vie, il y aura peut-être le manque et la pauvreté est aussi un phénomène socio-politique ! Il y aura de l'abondance que tu ne verras peut-être pas puis, un jour, tu seras surprise par un panier plein de fruits.


Si tu reconnais en toi le gourou (nous cherchons tous un sens et des raisons), n'oublies pas : "les voies de Dieu sont impénétrables".


Notre époque n'a pas besoin de maîtres. Elle a besoin de frères et de soeurs en Humanité. Ou pas...


Gisela




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