Loyautés

Dernière mise à jour : 6 mai

La loyauté est une valeur que j’ai toujours valorisé.

Je suis une amie profondément loyale. Je peux parfois m’emporter, avoir facilement le cœur brisé, juger, désapprouver… La distance, ou la rupture peuvent venir désagréger mes relations, la loyauté, quant à elle, demeure intacte. Je n’oublie jamais une personne qui m’aurait touchée, je garde une place dans mon cœur pour les amis de jeunesse même lorsque leur absence m’a accablée de chagrin. Je suis de celles qui s’enthousiasment à imaginer des retrouvailles qui n’auront jamais lieu…et des démonstrations d’amour d’un autre monde, ou d’une autre époque.


La loyauté me permet de cultiver l’Amour de la Vie car elle m’inspire l’attachement au Beau ; le devoir d’émerveillement devant les offrandes que nous offre ce monde. La loyauté renforce mon Cœur qui se gorge d’une vaillance presque infaillible devant les épreuves de la Vie. Elle l’ennoblit, le surélevant au-dessus des faiblesses et des inconstances de la personnalité. La loyauté donne à mon cœur à la fois des racines et des ailes. De ce fait, elle me permet de m’inscrire dans une réalité plus vaste (plus généreuse) que moi-même. Les racines lui permettant de s’ancrer dans une réalité qui inclut l’autre ; les ailes qui l’encouragent à s’élancer vers les hautes valeurs de l’esprit dont la Foi et la Dévotion.


Il est important de reconnaître la profondeur et l’importance de la valeur de loyauté dans un monde stimulant l’individualisme à outrance, qui confond liberté et désengagement, et qui place le plaisir immédiat et le refus de tout inconfort en priorités absolues.


Apprécier la beauté de la loyauté suppose de reconnaître son ombre. À quels moments peut-on entrevoir l’ombre de la loyauté se déployer sur nos vies ? Quand la loyauté devient-elle une limite à notre développement en tant qu’humains conscients et responsables ?


  • Quels sont les signaux nous permettant de comprendre que la loyauté devient un frein à l’accomplissement de la personne que nous sommes vraiment ?

* Lorsque nous ne nous engageons pas dans nos propres choix par peur de décevoir ou d’être jugé.e.s

* Lorsque nous continuons à faire des choses que nous ne supportons pas faire, ou auxquelles nous ne croyons pas

* Lorsque nous adoptons des comportements, la plupart du temps de manière inconsciente, qui menacent notre intégrité et dans lesquels nous ne nous sentons pas authentiques (nous avons l’impression de jouer un rôle)

* Lorsque nous évitons à tout prix d’avoir mauvaise conscience

* Lorsque nous sommes habités par le sentiment d’être redevables


Lorsque la loyauté devient une limite et non plus un champ d’ouverture et de vision vers plus haut, et plus loin, on saura qu’elle est toxique.


  • Comment identifier les loyautés nocives ?

Il y a des loyautés visibles et invisibles. Des loyautés karmiques, d’autres transgénérationnelles. En général, les loyautés dysfonctionnelles se développent pour répondre à un enjeu de l’ordre de la survie. Par exemple, parmi les loyautés originelles, celles envers nos parents. Très tôt, nous avons dû adopter nos comportements par rapport à ce que nous avons pressenti de leurs attentes. Pour le nourrisson, ou l’enfant que nous étions, ne pas le faire nous aurait probablement privé de leur amour. Et donc des moyens de rester en vie. Pour beaucoup d’individus également, le cadre normatif instauré par la société est incontournable. Le respect des règles (pour plus insensées soient-elles) assure la cohésion, et donc l’intégration, au groupe d’appartenance. L’appartenance nous réconforte par rapport à nos possibilités de survie dans le groupe, au mépris parfois de nos particularités individuelles.


Les constellations familiales sont un excellent outil pour rendre conscientes tous les types de loyautés limitantes.


Nos loyautés envers différents de nos systèmes (pays, famille, profession, culture, …) peuvent s'opposer entre elles. En général, lorsque le conflit de loyautés est rendu visible il est salutaire car il permet à l’individu de forger une nouvel valeur – réconciliatrice – et éminemment personnelle. En effet, le rejet total d’un système et de ses valeurs est une autre manière de demeurer loyal.e à ceux-ci., en leur accordant une place capitale.

En alliant hypnose et la programmation neuro-linguistique, je travaille avec un protocole permettant de transcender, voir alchimiser, ce type de conflit de loyauté.


Les loyautés toxiques créent un sentiment de culpabilité et d’impuissance à solutionner une situation que l’on croit complexe et qui nous semble hors de contrôle. Cette culpabilité et ce sentiment d’impuissance vont dégrader l’estime et l’amour de soi. Hors, parfois, nous tissons nous-mêmes les barreaux de nos loyautés. Il m’est déjà arrivé en cabinet d’avoir des client.es qui étaient dans un fonctionnement de loyauté nocive en croyant « obéir » à la volonté ou au désir d’une personne. Il s’est avéré, au final, que cette volonté, ou ce désir, étaient fantasmés, ou extrapolés. Et lorsque la/le client. est enfin parvenu.e à se désengager de la loyauté tissée de ses propres mains pour faire et assumer ses propres choix, nous avons pu constater que la personne à laquelle elle croyait être loyale, était en fait ravie de son nouveau fonctionnement et n’en attendait pas moins… !


  • Comment se désengager des loyautés nocives ?

* Reconnaître la dimension lumineuse de la loyauté comme une ressource : la loyauté qui élève et qui relie est marquée par l’engagement envers la personne que l’on est réellement au fond de soi

* Accepter que l’on a entretenu des situations et des relations dysfonctionnelles par loyauté (toxique)

* Reconnaître dans l’ombre de la loyauté une dimension d’amour (on l’a fait par amour, afin de ne pas perdre l’amour)

* DÉSOBÉIR


La question à ce stade est la suivante : comment désobéir ?

Tout d’abord en acceptant et en accueillant la mauvaise conscience qui peut suivre le non-respect des normes du système/personne envers lequel/ laquelle on vouait une loyauté toxique. Dans une telle situation, la mauvaise conscience est le signal de notre engagement envers la personne, réelle, authentique, que nous sommes au fond de nous.


« Toute guérison exige la désobéissance à cet interdit ou à cet ordre. Et pour désobéir, il faut se débarrasser de la peur enfantine de ne plus être aimé, c’est-à-dire abandonné.

Cette peur entraîne un manque de conscience : celui qui en est affecté n’a pas conscience de qui il est vraiment, car il essaye d’être ce que les autres attendent qu’il soit. S’il persiste dans cette attitude, il transforme sa beauté intime en maladie. LA santé ne se trouve que dans l’authentique, il n’y a pas de beauté sans authenticité. Pour parvenir à ce que nous sommes, il nous faut éliminer ce que nous ne sommes pas. Le plus grand bonheur, c’est d’être ce que l’on est »[1].

[1] A. Jodorowsky – Manuel de Psychomagie.







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